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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 12:06
2007-03-241.jpg Le choix de réaliser toutes mes planches en sépia s’est très vite imposé également. Outre le fait que la technique en camaïeu est plus rapide qu’une quadrichromie traditionnelle (une couleur à gérer, c’est bien plus facile que de jouer avec toute une palette), j’ai opté pour des teintes sépia parce qu’elles évoquent la couleur des premiers clichés photographiques du XIXe siècle. Nous sommes en réalité ici dans un pur fantasme esthétique : à ma connaissance, jamais aucun cliché de l’époque n’a présenté un type de teinte aussi affirmé. L’autre raison avancée pour le choix du sépia est celle de l’évocation symbolique. Pour ma part, le sépia, ou le brun en général, incarne l’idée de trouble et de complexité ; il faut toutes les couleurs du spectre pour faire un brun. Aussi, cette couleur s’adapte parfaitement à mon sujet central, la « complexité des choses ». Je voulais, en me lançant dans Fritz Haber, réaliser une bande dessinée qui puisse arriver à parler de choses complexes, difficiles et contradictoires, et tenter d’évacuer toute manifestation de manichéisme, travers en général assez persistant dans la biographie de bande dessinée.
Par David Vandermeulen - Publié dans : De la création
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 09:30
B--low1.jpg Autre source fondamentale de mon Fritz Haber, les Mémoires du prince von Bülow, ancien chancelier de l’Empire et Premier ministre de la Prusse. Dans le second des quatre imposants tomes de cette source précieuse et même indispensable pour comprendre la politique wilhelminienne, à propos du génocide des Hereros, toujours, von Bülow évoque brièvement, dans une conversation avec l’empereur, quelles étaient les façons d’agir du général von Trotha, et par ce biais, les positions politiques de Guillaume II : « Au printemps 1904, la direction des opérations avaient été confiée au général de Trotha, énergique officier de l’infanterie de la garde. Pour en finir plus vite avec les Hereros, il proposa de les refouler avec femmes et enfants dans un désert dépourvu d’eau, où ils trouveraient une mort affreuse et certaine. Je déclarai à Sa Majesté que je n’autoriserais pas ce procédé. L’Empereur commença à ouvrir de grands yeux, puis se fâcha. Comme je lui objectais la charité chrétienne, il repartit que les Commandements ne s’appliquaient ni aux païens, ni aux sauvages. Je répliquai : « Je renonce à tout argument théologique ; je n’invoquerai pas le Sermon de la Montagne, mais un homme tout à fait dépourvu de sainteté, Talleyrand, qui déclara, après l’exécution du duc d’Enghien : « C’est pire qu’un crime, c’est une faute ! » Le « pas de quartier » du discours de Votre Majesté a déjà fait beaucoup de mal et ce n’était qu’une proclamation. Si maintenant, vous passez de la théorie à la pratique, vous causerez un dommage dépassant l’enjeu. On ne peut pas faire de guerre uniquement militaire, la politique doit dire son mot. » L’Empereur s’emporta et nous nous quittâmes en assez mauvais termes. Quelques heures plus tard, il m’envoya une lettre où il acceptait mes observations et, avec ce mélange d’esprit et de bonté qui le caractérisait souvent, il signait : GUILLAUME I. R., qui laudabiliter se subjecit »

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Par David Vandermeulen - Publié dans : Littératures attenantes
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 07:59
Il n’est pas encore terminé mais il bénéficie déjà de quelques heures de lecture : le site Fritz Haber a été complètement retravaillé et largement complété. Science, Histoire, personnages, tous les noms propres qui apparaissent dans la bande dessinée et quelques autres notions, trouveront leur article explicatif sur ce site.

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Par David Vandermeulen - Publié dans : Actualité
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 10:33
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Fêter la sortie de mon livre dans la plus élégante des librairies de Belgique en buvant un verre avec quelques amis et en conviant le chasseur de dédicace à ranger son livre d’or dans son sac en plastique XIII et à reprendre un peu de chipitos et de vin rouge, n’est-ce pas là une définition du bonheur ? Mais très certainement ! ça se passera à Tropismes l’appartement, ce vendredi 23 de 18H à 20H.

J'ai créé une page AGENDA qui comme son nom l'indique, sera consacrée au petits évènements liés au livre (il ne sera pas surbooké, c'est sûr).
Par David Vandermeulen - Publié dans : Actualité
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Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /Nov /2007 15:22
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Le second tome de Fritz Haber s’ouvre avec la citation d’un beau salopard, j’ai nommé le général Adrian Dietrich Lothar von Trotha. Trotha (1848 - 1920) fut général des forces coloniales allemandes en Afrique de 1896 à 1908. Habitué des campagnes « musclées », von Trotha était systématiquement l’homme que Berlin envoyait lorsqu’un problème venait à se déclarer dans les colonies. Il fit ses armes en 1896 dans les colonies allemandes d’Afrique de l’Est, en compagnie du terrible Carl Peters, pour y dompter la révolte des Hehes et des Maji-Maji (plus de 120.000 morts). Puis en 1900, en Chine, il fut envoyé pour soutenir le général von Waldersee lors de la révolte des Boxers. Le 11 juin 1904, von Trotha fut envoyé avec 3.500 soldats (6.000 autres suivront plus tard) à Swakopmund, dans le Sud-Ouest africain pour mater la révolte herero. Il y fut très efficace puisque seulement un peu plus de 10 % de la population herero survécut à sa politique…
Par David Vandermeulen - Publié dans : Biographies
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Dimanche 18 novembre 2007 7 18 /11 /Nov /2007 10:02
2007-03-143.jpg L'une de mes façons de procéder : 1ère étape, dessin à la plume sur papier
2007-03-136.jpg 2ème étape, mouillage du papier, dissipation du trait

Les bandes dessinées réalisées en couleurs directes, si elles offrent une lisibilité moins efficace que les récits réalisés en « ligne claire », sont néanmoins de plus en plus nombreuses, et commencent, pour parler comme le spécialiste, bon gré mal gré, à timidement se créer une niche dans le marché. Mon option de proposer un récit résolument lent, qui opte pour des cassures de rythme assumées, une pesanteur générale et même des invitations à la méditation, s’inscrit en creux d’une production générale qui pense avant tout à son lecteur, qui ne jure que par l’éternelle recherche de l’effet, la rapidité de la lecture ou l’efficacité pour elle-même. Une technique aquarellée, qui n’offre pas directement aux images son sens premier, était donc un parti assez naturel.
112.jpg 3ème et dernière étape, travail de l'original à l'ordinateur
Par David Vandermeulen - Publié dans : De la création
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 07:30
Russel-HistoireId--esXIXe.jpg J’aime beaucoup Bertrand Russel, et notamment son très drôle et intelligent Science & Religion, un texte que l’on n’apprend pas à l’école, malheureusement (je pense d’ailleurs que ce titre est indisponible depuis de nombreuses années). Dans sa somme Histoire des idées au XIXe siècle (ne cherchez pas non plus, c’est également épuisé), Russel, bien plus clément que Hannah Arendt, analyse l’histoire coloniale allemande : « Pendant la Grande Guerre, on prit l’habitude de citer la campagne Herrero [sic] comme une preuve de la cruauté de la politique coloniale allemande. Pourtant la politique générale des Allemands […] était exactement la même que celle des Britanniques dans le Matabéléland [région du sud-ouest du Zimbabwe]. Le Général von Trotha fut exagérément féroce ; mais ne fut pas soutenu par la métropole et dut donner sa démission. Avant la guerre, certaines autorités compétentes admiraient les tentatives de colonisations en Afrique. Comme conséquence de la guerre, l’Allemagne perdit toutes ses possessions en Afrique, soit plus de 260.000.000 d’hectares ».
Par David Vandermeulen - Publié dans : Littératures attenantes
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Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 08:59

Herreromassacre.jpg Le tome 2 s’ouvre sur le génocide des Hereros. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà abordé ce thème dans une bande dessinée. Mais même les ouvrages d’histoire n’en parlent pas beaucoup. Il est frappant de constater à quel point le génocide des Hereros par les forces coloniales allemandes en 1904-1908 reste si peu connu alors que de nombreux historiens s’accordent à considérer ce drame comme le premier génocide du XXe siècle. La littérature d’époque ne s’est guère plus intéressée au sort de ces personnes. Dans une courte notule de la Revue Générale des Sciences pures et appliquées de l’année 1904, on apprend de façon presque hasardeuse qu’« A part la résistance que des Musulmans du Zanguebar avaient en 1889 opposé à sa domination, l’Allemagne n’avait point jusqu’à présent éprouvé de graves difficultés avec ses sujets africains. Cette situation vient d’être profondément modifiée par le soulèvement des Hereros, la principale peuplade de sa colonie du Sud-Ouest africain ». Le drame des Hereros fut pourtant extrêmement grave, à tel point qu’en 2005, certains, comme Tristan Mendès France, assistant parlementaire au Sénat français, ont été jusqu’à qualifier le génocide herero de « première répétition avant l’Holocauste ». Ce génocide réduisit en effet, de 1904 à 1908, près de 80% de la population Herero estimée à 80.000 personnes. L’on y vit aussi, pour l’une des premières fois, l’apparition de camps de concentration, avec des prisonniers subissant de multiples « expériences scientifiques ». Dans la Quinzaine Coloniale du 25 mars 1908, alors que l’insurrection herero était enfin matée par les forces coloniales allemandes, on pouvait lire sous la plume de Camille Martin : « Les nouveaux venus [en Sud-Ouest africain allemand] devront s’habituer à payer eux-mêmes de leur personne, car la main d’œuvre indigène est rare et se dérobe. On estime que les 4/5 des Hereros ont disparus par la mort ou l’émigration. M. de Lindequist a dit à la Commission du budget que, dans les camps de concentration, la mortalité avait été très grande et qu’à Windhuk seulement, elle avait atteint 46% ». Aux populations hereros qui arrivaient à échapper aux camps, ils fallait encore éviter les exactions des colons :« Des colons se livrent à la chasse aux Hereros et les rabattent sur leur domaines, où ils les traitent en esclaves ».

Par David Vandermeulen - Publié dans : Histoire allemande
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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 09:06

Huit-cent pages de bande dessinée cela demande de la rigueur, bien sûr, mais aussi et surtout beaucoup d’efficacité dans l’exécution. C’est pour cette raison que l’apport de l’ordinateur dans la réalisation des images et des bandes s’est directement imposée. J'y reviendrai certainement.

  040.jpg

Voici la planche 40 du second tome de Fritz Haber. J’ai choisi cette planche parce qu’elle regroupe sur une seule page les principaux choix et parti-pris esthétiques qui font le caractère de mon récit.
Plusieurs spécificités s’y remarquent d’emblée : le style pictural, sans trait de contour ; la mise en couleur, faites en camaïeux sépia ; une facture picturale particulièrement contrastée ; le remplacement des phylactères traditionnels par une sorte de sous-titres ; l’introduction de cartons récitatifs rappelant le cinéma muet ; l’insertion d’extraits ou de citations littéraires.



Par David Vandermeulen - Publié dans : De la création
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Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /Nov /2007 08:50

2007-11-12.jpg

Les exemplaires de tome 2 sont imprimés et prêts à être lu. C’est plutôt une réussite, même s’il existe quelques petits problèmes et défauts par-ci par-là. Mais le livre parfait existe-t-il vraiment ? D’ailleurs, pourquoi faut-il toujours attendre que le livre soit imprimé pour que la dernière coquille apparaisse toujours de façon claquante, alors qu’on a lu et fait relire les épreuves 200 fois ? Restons calme et ne répondons pas à cette bête question, c’est certainement un faux problème qui ne dit pas son nom. Une chose est sûre, la date du 21 novembre est confirmée, c’est ce jour-là que Les Héros seront jetés dans le monde (indifférent ? impitoyable ? unanime ?), inchangé, pour sûr. 

Par David Vandermeulen - Publié dans : Actualité
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