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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 01:41
Harden.jpgMaximilian Harden (1861-1927) est un personnage incontournable de l’Allemagne wilhelminienne, pamphlétaire et patron de presse connu par-delà les frontières allemandes, Harden était un grand esprit critique, à l’instar d’un Kraus en Autriche, ou d’un Shaw en Angleterre. Celui qui en a brossé le plus juste et le plus sensible portrait reste sans aucun doute Theodor Lessing, l’auteur de Der jüdische selbsthass. Lessing rencontra le polémiste à plusieurs moments clef de la vie de Harden qui, effectivement, fut un cas tristement représentatif de la « haine de soi juive », puisque toute sa vie, à l’instar de Haber, de Rathenau et de beaucoup d’autres juifs allemands de sa génération, la question juive resta pour lui une problématique douloureuse, jamais véritablement réglée. Né Félix Ernst Witkowski, Harden abandonna, tout comme ces trois autres frères, son véritable nom, par réelle honte du père (ses frères préféreront quant à eux le nom de Witting ; Harden choisit le prénom Maximilian, probablement en souvenir de Maximilien Robespierre). Harden débuta dans le théâtre, en jouant Shakespeare, Schiller et Goethe, puis dans le milieu des années 1880, grâce aux relations de l’un de ses grands frères, il intégra la rédaction du Berliner Tageblatt et plus tard celle de l’hebdomadaire Die Nation. Il travailla dans ces journaux en qualité de critique et de feuilletoniste, puis opta assez rapidement pour un ton beaucoup plus pamphlétaire, acide et méchant. En 1888 il publia sous le pseudonyme Apostata son premier recueil et devint plus connu et consacré que Heinrich von Treitschke (1834-1896), l’une de ses grandes idoles (Heinrich von Treitschke, historien prussien pangermaniste et penseur völkisch, ennemi de tout progrès, auteur d’une monumentale Histoire de l’Allemagne au XIXe siècle en cinq volume). En 1890, il commença à couvrir la politique de façon régulière et, un an plus tard, il lança son propre journal, la célèbre revue Zukunft. Harden était le héros de nombreux jeunes juifs allemands du début du siècle. Grâce à ses qualités évidentes de pamphlétaire et à sa plume acide, il incarnait pour de nombreuses personnes le courage journalistique. Quand il eut vent des pratiques homosexuelles du Prince Eulenburg, il parvint à le faire démissionner de ses fonctions d’ambassadeur à Vienne, et quelques trois années plus tard, vers 1906, il lança contre Eulenburg, par le biais de deux articles publiés dans la Zukunft, une seconde attaque, publique. L’attaque était d’importance et n’était par exempte de risques. Le 6 novembre 1907, un procès lié à une affaire d’homosexualité s’ouvrait. Il opposait le Chancelier von Bülow à un autre journaliste célèbre, l’éditeur de la revue ouvertement homosexuelle « Der Eigene », Adolf Brand. Adolf Brand, malheureux dans son procès, fut dès la première journée de procès condamné à 18 mois de prison fermes pour diffamation. Dans ses derniers jours, Rathenau, qui certes vécu assez mal son homosexualité, reçu Adolf Brand chez lui.

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Published by David Vandermeulen - dans Biographies
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