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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 00:30

Weizmann.jpgDifficile de ne pas admettre que Haïm Weizmann n’est pas l’un des plus grands héros du peuple juif. Je me souviens encore de ce que me disait une regrettée amie lorsque je lui parlais de ma décision d’introduire de façon plus importante dans ma bande dessinée la figure de Weizmann : « tu n’en parleras jamais assez bien », m’avait-elle confié. Je ne l’ai pas écoutée, comme on s’en doutera en lisant mes bandes dessinées, mais sa remarque m’est encore et toujours précieuse, car je sais qu’elle était loin d’être la seule à penser comme cela, et ce que représente, pour beaucoup de personnes, le bilan politique du plus important sioniste.
Avec Théodore Herzl, Haïm Weizmann fut le plus important des leaders sionistes. Si Herzl fonda le mouvement sioniste en lui insufflant l’espoir et l’élan nationaliste, Weizmann concrétisa le rêve de Herzl, et devint, à la fin de sa vie, le premier président du nouvel Etat d’Israël. Ben Gourion (1886-1973) disait à propos de ces deux grands hommes qu’ « il était difficile de trouver dans l’histoire d’une autre nation deux personnalités ayant exercé une influence aussi décisive sur la vie de leurs frères, bien qu’ayant été très différent non seulement par leurs capacités mais dans leurs rapports avec leurs peuple. Herzl venait du « dehors ». C’était un Juif assimilé, ignorant la culture de son peuple, et n’ayant aucun lien avec les masses juives. […] Les sentiments de Herzl avec ses frères étaient tout de compassion et d’amour, comme ceux d’un parent éloigné envers les siens. Les défauts du « caractère juif » lui étaient étrangers mais, même lorsqu’ils le heurtaient, il n’osait les critiquer car il ne se sentait pas complètement semblable à ses compatriotes et voulait éviter de les blesser. Weizmann était exactement son contraire. C’était d’abord un « Juif juif ». Né dans une petite ville de la « zone de résidence » juive en Russie, il fut élevé dans l’esprit des valeurs juives, parmi les masses juives. Il était imprégné des qualités d’intelligence et d’humour de son peuple et, bien qu’il ait étudié la culture occidentale et qu’il parlât les principales langues européennes : l’allemand, le français et l’anglais aussi facilement que le russe et l’hébreu, le yiddish resta toujours son moyen d’expression préféré, celui qui donnait toute la dimension de son esprit, de son humour, de son sens de la répartie. Herzl a trouvé le chemin d’Eretz-Israël à travers l’idée d’un état juif – une idée territoriale. Weizmann, au contraire, a découvert la voie d’Israël grâce à un lien messianique avec le pays d’Israël. Il fut nourri de l’amour du pays avec le lait de sa mère. Puis à l’école religieuse, par la langue hébraïque, par la prière juive – il s’identifia à ce pays, avec tout ce qu’une telle notion implique. C’est pourquoi il s’opposa si farouchement à la proposition d’établissement en Ouganda malgré son réalisme et son sens pratique. Dans son esprit « Eretz-Israël » était bien plus qu’un Etat et un sol. Pour cette raison, Weizmann fut le plus grand représentant du peuple juif vis à vis du monde extérieur ; ambassadeur auprès des Gentils, il était l’envoyé le plus doué et le plus fascinant que le peuple juif ait produit. Pour le monde, aucun autre Juif n’a été plus que lui l’incarnation même de notre peuple, de ses capacités, de sa volonté et de ses aspirations. Il fut peut-être le seul véritable ambassadeur du peuple juif à travers les générations. Weizmann impressionnait les Gentils par sa grandeur juive, sa profondeur juive, son pouvoir d’exprimer les émotions les plus intimes du peuple d’Israël ». Parallèlement à son activité sioniste, Weizmann fut également un scientifique réputé, au même titre que Fritz Haber. On verra dans le tome II à quel point Weizmann et Haber connurent des destins similaires, notamment quand tous deux, parallèlement, se brûleront à la question militaro-scientifique…

 

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Published by David Vandermeulen - dans Biographies
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commentaires

David Vandermeulen 17/02/2008 21:33

A vrai dire, je ne sais pas encore si j'arriverai jusqu'en 19 avec le tome 3 ! Aaronsohn semble être un personnage intéressant, en effet. Je me souviens qu'il avait des contacts avec Sykes, vers 17, mais il me semble aussi que c'était un libéral bien peu compassionnel. Enfin, il faudrait que je rouvre mes livres, parce que tout cela est devenu flou. Bien sûr, il existe un tas de personnages extraordinaires dans cette histoire, comme Jabotinsky par exemple. La tentation est grande de les inclure dans mon récit, mais je dois me concentrer sur Haber et Weizmann avant tout. Je ne saurai vous dire quelque chose à ce sujet aujourd'hui... Mais merci toutefois pour cette piste romanesque !

Pascal 17/02/2008 20:44

Peut-être aura-t-on la chance d'avoir dans le tome 3, une allusion à l'accord Faysal-Weizmann du 03 janvier 1919 de reconnaissance mutuelle, Faysal acceptant l'idée que les Juifs puissent se constituer un foyer en Palestine à condition que les Arabes obtiennent leur indépendance. Réunion organisée à Londres par Lawrence d'Arabie et Aaron Aaronsohn. Si on connaît la vie de Lawrence, on connaît peu celle d'Aaron Aaronsohn, "agronome, esipion et sioniste".

Cf http://www.wzo.org.il/en/resources/view.asp?id=1854

effer 09/10/2007 16:21

En effet, il serait difficile de ne pas parler de Haïm Weitzmann dans le contexte et l'époque où vécu Fritz Haber.