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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 12:57

HSQt1.jpgL’une de mes sources les plus importantes n’est pas un livre d’histoire ni même de sciences-humaines, mais bien plus que ça, il s’agit d’un roman, l’un des plus importants à mon sens : L’Homme Sans Qualités de Robert Musil.
Musil (1880-1942) connut personnellement Rathenau lors d’une conférence de ce dernier en janvier 1914. Ce fut lors de cette rencontre que l’industriel lui apparu subitement comme le modèle du personnage d’Arnheim, l’un des principaux personnages de L’Homme Sans Qualités. Idéaliste et intuitif en tout, Rathenau croyait paradoxalement en la réconciliation de la mystique poétique avec le pragmatisme le plus rationnel. Un oxymore métaphysique qui ne cessa d’intéresser Musil, mais qui l’agacera tout autant. La lecture de L’Homme Sans Qualités reste donc une source essentielle si l’on désire saisir en profondeur la personnalité complexe de Rathenau, car, comme le rappelle Jacques Bouveresse : « Max Libermann, qui était le cousin de Rathenau, a, du reste, reconnu que la description de Musil était d’une pertinence et d’une exactitude surprenante ». Musil consacra également un cahier complet à Rathenau, cahier qui, étonnement, ne fut jamais repris dans l’édition française des Journaux.

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Published by David Vandermeulen - dans Littératures attenantes
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commentaires

David Vandermeulen 16/10/2007 11:07

Ah oui ! parfaitement d'accord. Et je dirais même que c'est cette absence de finitude qui caractérise toute la pensée de Musil : il était le premier à savoir qu'il n'arriverait jamais au bout de son chantier de l'HSQ, puisque ce chantier, par définition, n'a pas de fin... (enfin, peu avant sa mort, il pensait peut-être y arriver, en une vingtaine d'années...) Ce dont parle Musil c'est l'essai, le possible, le probable... C'est sûr que ce n'est pas avec un programme pareil que l'on se fait une publicité de nos jours... Les livres de Musil, il le disait lui-même, sont condamnés à rester réputés mais inconnus. Mais ce n'est certainement pas grave, comme il le disait aussi : être célèbre, ce n'est, somme toute, qu'être supposé l'être... je cite de mémoire.

AMBRE 16/10/2007 10:25

En discutant avec Pascal Bataillard, un des traducteurs de la nouvelle traduction à plusieurs mains de l’« Ulysse » de James Joyce, nous convenions qu’il était absurde de le lire d’une traite… ce genre d’ouvrage est l’œuvre d’une vie, on devrait ainsi mettre une vie pour le lire.
Mais il est vrai que cette façon de lire ne s’accorde sans doute guère à l’air du temps. Parler de roman inachevé, rien que ça, bouleverse nos habitudes de lecture, plutôt ancrées dans la finitude, la clôture.

David Vandermeulen 15/10/2007 20:31

On peut ne pas le lire jusqu'à la fin. Musil ne s'est d'ailleurs pas gêné pour nous laisser un roman inachevé. Si l'on ne le lit pas jusqu'au bout, on peut néanmoins le lire et le relire : Musil, ça se picore aussi, ça marche tout autant. Un chapitre par-ci, un paragraphe par-là... L'HSQ peut se lire comme ses Essais, par petits bouts ; c'est tellement riche d'idées... J. Bouveresse ou J-P Cometti ont tous deux écrits de nombreux ouvrages sur Musil, c'est parfois tout aussi passionnant que l'HSQ... C'est assez rare que pour être signalé.

AMBRE 15/10/2007 19:01

Sacré morceau en effet que "L'homme sans qualités"... Monument, je l'avoue, que je n'ai pas lu jusqu'à la fin. Néanmoins, il me lorgne et me fait de l'oeil chaque fois que je passe devant ma bibliothèque.