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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 17:27

jsalomon.jpgMon ami Jean-Jacques Salomon est décédé ce 14 janvier 2008. J’ai eu la chance de le rencontrer lors d’une petite conférence sur Fritz Haber que j’ai tenue en 2005 lors du festival de l’Histoire de Blois, et depuis ce jour nous n’avions cessé de nous voir et de nous écrire régulièrement ; nous travaillions ensemble à un livre, une bande dessinée construite sur la base de ses travaux. Jean-Jacques Salomon pensait principalement l’éthique des scientifiques et il était – entre autre – un fin connaisseur de Fritz Haber. Mais c’était avant tout un homme charmant et absolument exemplaire, capable de colères comme d’analyses fines et lucides. Elève de Aron, rédacteur dans les Temps Modernes de Sartre à 23 ans à peine, ami de Foucault comme d’Oppenheimer, J.-J. Salomon était un véritable intellectuel qui su tenir ses distances avec les médias, et sa rencontre restera pour moi d’une importance capitale. Je ne vais pas ici commencer à le couvrir d’éloges, il m’en voudrait, mais je ne résisterai pas, par contre, à relater cette anecdote, lorsqu’il mangea, vers le début des années 50, en compagnie de Beaufret, son professeur, des pommes-frites préparées par Mme Heidegger dans le chalet du maëster, en pleine forêt noire, tandis que M. Heidegger s’amusait à raconter la métaphysique de Hegel de telle façon qu’elle n’était, selon lui, finalement rien d’autre qu’un chat que l’on lance en l’air pour retomber à chaque fois sur ses pattes.

 

Je publie ici l’extrait de J.-J. Salomon que je m’étais décidé depuis longtemps à vous présenter, mais il me faut aussi vous inviter désormais à découvrir sa bibliographie, et principalement, son dernier grand livre qui lui tenait particulièrement à cœur, Les Scientifiques, entre pouvoir et savoir, paru en 2006 aux éditions Albin Michel.

 
***
 

Pour un petit peu mieux expliquer pourquoi Sloterdijk peut être très énervant, voici donc un extrait d’une conférence que Jean-Jacques Salomon a tenu en octobre 2000 lors d’un colloque en réponse à la fameuse conférence de Sloterdijk sur Heidegger tenue un an plus tôt au colloque bavarois du château d’Elmau et publiée en français sous le titre de Règles pour le Parc Humain, Réponse à la lettre sur l’humanisme [célèbrissime lettre de Heidegger adressée à Jean Beaufret, justement] et disponible depuis dans la petite collection poche des Mille et une nuits. (l’extrait que je publie ici a été prononcé par J.-J. Salomon en présence de Sloterdijk, le détail a son importance). Extrait :

 

Je ne sais pas si vous avez lu la conférence pronon­cée par Peter Sloterdijk à Elmau. Je la résume, elle contient trois parties. Les deux premières, sur les­quelles je suis en total désaccord, renvoient à des thèmes qui me paraissent tout simplement fascisants. La première, consacrée aux progrès des technologies de l’information, nous apprend que le rapport au livre, qui instituait une amitié entre les auteurs et les lec­teurs, est appelé à disparaître : adieu donc, à partir de là, à l’humanisme, adieu à la littérature, adieu aux belles-lettres !   L’humanisme,   nous   dit Sloterdijk, c’était la lecture des Anciens dont nous nous déshabi­tuons - comme si Sloterdijk ne s’imprégnait pas de la lecture de Socrate, de Platon et d’autres philosophes de l’Antiquité ! - et qui nourrissait l’éducation des élites. Une éducation qui, néanmoins, revenait à de l’asservissement. Cela, c’est un vieux thème nietz­schéen - ou gauchiste. On le trouve chez Deleuze, on le trouve aussi chez Foucault : éducation égale répres­sion, Freud nous l’a appris, mais, du coup élevage, aliénation, dressage et asservissement.

 

Mais au total l’humanisme, c’était quoi ? C’était le refus de la barbarie. Et l’éducation, c’était quoi ? L’ef­fort intellectuel pour élever l’homme à un peu plus que l’animal en lui. La première partie de Sloterdijk me paraît donc parfaitement contestable : c’est la critique radicale de l’Aufklärung au sens de Kant, le processus qui nous permet d’apprendre à devenir adulte par le travail de la raison. Je ne crois pas que nous puissions affronter les problèmes soulevés par les développe­ments de la science et de la technologie, sans avoir de références à un certain nombre de valeurs de caractère humaniste, même s’il est vrai que l’humanisme et la bourgeoisie qui s’en réclamait ont pu se travestir en beaucoup de dérives et de massacres. Donc, la fin des belles-lettres ? Non, je ne le crois pas. Nous n’avons pas encore donné congé à ce qui a été la formation de la pensée philosophique et de toute réflexion critique. Ni le multimédia ni internet ne sont encore au chevet de la lecture ou de l’alphabétisation moribondes.

 

La deuxième partie : pour en parler honnêtement, je dois vous avouer que je suis tout simplement hermétique à la philosophie heideggérienne. La Lettre su l’humanisme, dont parle Sloterdijk, a été adressée Jean Beaufret, qui a été mon professeur en khâgne Avec lui, j’ai rencontré Heidegger quand j’étais plu jeune, dans son chalet de Messkirch, avec sa mous­tache hitlérienne, à l’époque où il se cachait d’avoi été nazi et où Jean Beaufret, son interprète et intro­ducteur en France, se gardait bien d’insister sur les attaches nazies de Heidegger. Je dois donc vous dire que l’ontologie suivant Heidegger, qui consiste à nous parler de l’homme comme « berger de l’Etre » ou du « langage caché dans la clairière » ou de la « Vérité dont nous sommes privés », me paraît et m’est toujours apparue comme du bavardage de philosophe qui se détourne du monde qui est le nôtre avec la nostalgie d’un monde de la « parole hellénique oubliée » et de la « maison de l’être » dont je ne sais, pour tout dire, à quoi elle renvoie.

 

Tout cela, c’est un langage métaphorique et pasto­ral, comme dit Sloterdijk qui voit en Heidegger un bedeau sorti de la sacristie pour se prendre à un moment donné pour un évêque et devenir recteur sous Hitler et se cacher de l’avoir été, faire quelques dégâts dont l’éviction de Husserl, rêver de pouvoir sur les esprits grâce au nazisme et s’apercevoir finalement que même les nazis n’étaient pas sensibles à son onto­logie du retour aux présocratiques. Tout cela pour dire que, sur ce point, j’ai du mal à suivre Sloterdijk, parce que c’est un type de langage parapoétique, métapho­rique, en dehors de toute réalité historique, que je ne comprends décidément pas. Sur cet aspect de l’enga­gement nazi de Heidegger, Sloterdijk se montre plutôt indulgent et à plusieurs reprises il l’évoque sans trople prendre au sérieux, comme si le bedeau-philosophe s’était fourvoyé en prenant la parole dans la sacristie comme un prêtre aussi naïf qu’abusif. Ainsi écrit-il qu’il est pourtant « évident que l’engagement aveuglé de Heidegger ne peut être compris à partir de sa théorie, mais à partir du fait que même des grands penseurs peuvent s’offrir au-dessous de leur prix réel ». Je n’en suis pas aussi convaincu.

 

Mais la deuxième partie est plus sérieuse. S’ap­puyant sur le Politique de Platon, où l’on essaie de dresser le portrait de l’homme d’État idéal, le roi ou le chef d’État idéal qu’il faut pouvoir précisément, par l’éducation philosophique, élever et faire sortir du troupeau, il nous parle du troupeau qu’évoque Platon comme d’un « zoo ». Ce n’est pas la même chose, le zoo, que le troupeau. Et encore moins de donner comme titre à sa conférence : « Règles pour le parc humain » et pour sous-titre : « Réponse à la Lettre sur l’humanisme de Jean Beaufret ». Le parc humain, Pla­ton n’en a pas parlé dans ces termes plutôt concentra­tionnaires. Il est vrai que l’industrialisation n’était pas encore passée par là. Sloterdijk s’appuie sur le Poli­tique de Platon pour montrer que toute l’histoire de l’humanité se réduit à la manière dont, grâce à l’édu­cation, on a pu distinguer et choisir les meilleurs parmi les élites et que, à terme, la biologie permettra enfin une sélection autrement plus efficace que celledes belles-lettres.

 

Scandale énorme en Allemagne, pour des raisons évidentes, parce que trois générations ne suffisent pas à effacer la mémoire et l’embarras de grands-parents et de parents qui ont fait le salut hitlérien et contribué aux massacres de toute sorte à travers l’Europe. Il est vrai que Sloterdijk appartient à la génération - il est né en 1947 - de ceux qui n’ont pas participé à la catas­trophe. Il le sait d’autant plus qu’il s’en prend à la phi­losophie critique - et pourquoi pas ? -, c’est-à-dire à l’école de Francfort (Adorno, Horkheimer, Marcuse et surtout Habermas). C’est là que sa conférence devient un règlement de comptes entre Allemands. Il croit que la campagne née en Allemagne autour du scandale de cette conférence a été orchestrée par Habermas, qui est le comble à ses yeux de l’Allemagne de Bonn, « hypermorale » et démocrate-chrétienne. Un peu le reproche que l’on faisait en France à ce qu’on appelait naguère la « pensée unique », mais dans un contexte de contentieux tellement différent ! Là-bas, c’est la pensée unique de Habermas qui conditionnerait le consensus allemand, c’est-à-dire l’impossibilité de faire son deuil d’une responsabilté sans égale dans l’histoire des catastrophes historiques.

 

Sloterdijk est le philosophe de l’après-Habermas comme Schröder est le politique de l’après-Kohl : retour à Berlin, c’est-à-dire « retour à la maison » comme l’a dit un éditorial du Spiegel de mai 1998 — une Allemagne en quête d’un rapport normalisé avec son passé, mais héritière néanmoins d’une histoire qui ne peut pas se libérer de « la routine de la culpabilisa­tion ». Cette formule est de Martin Walser qui a provo­qué en Allemagne un an plus tôt un scandale analogue à celui de Sloterdijk et qui les associe, l’un et l’autre, dans la revendication du retour à la normalité : assez de s’en prendre au passé allemand, il faut culpabiliser les autres aussi et pourquoi pas derrière l’Europe, tout l’Occident depuis le XVIP et le XVIIP siècle, depuis Galilée et Christophe Colomb qui, suivant Sloterdijk,sont à la source de cet « élément monstrueux » que sont la conquête du Nouveau Monde et l’aventure scienti­fique1 ? Et c’est le même homme qui fait ainsi le procès du savoir comme pouvoir qui a dénoncé l’obsolescence de l’humanisme et annoncé l’ère du cybernético-biotechnique où se prépare l’élevage en laboratoire del’homme nouveau...

 

Nulle place dans cette réflexion n’est réservée au rôle que peuvent et doivent jouer les institutions démo­cratiques dans la régulation indispensable des change­ments   techniques.    Très    évasivement,    Sloterdijk préconise un « code des anthropo-technologies » pour éviter le pire, mais il ne s’interroge en aucune façon sur les conditions qu’il faudrait remplir pour que ce code réponde ou ne se heurte pas aux vœux (ou aux fantasmes) de la société : la philosophie « kunique » dont il se réclame, le cynisme en philosophie, ne s’em­barrasse pas d’un tel enjeu, même si la presse alle­mande s’est aussitôt demandé si l’enjeu véritable de la polémique entre Habermas et Sloterdijk n’était pas « la fondation métaphysique du retour à Berlin ». Dans un article du Monde (9 septembre 1999) qui a suivi la publication de sa conférence, il écrit que « la société allemande a replié ses ailes depuis bien trop longtemps : plus personne ne veut être un faucon ou une colombe, tous veulent faire la poule ou représenter toute autre espèce de sympathiques volailles raisonnables ». Et plus loin : « Ces fils trop bien purifiés de pères contaminés par le national-socialisme veulent pérenniser la situa­tion d’après-guerre dans leurs têtes et dans la psyché des plus jeunes. Ils jettent constamment des regards défavo­rables et méfiants sur les représentants de la nouvelle génération qui peut sortir des sombres atrocités de jadis pour gagner des zones un peu plus claires, sans insou­ciance, mais sans non plus cette constante excitation hypermoralisante. »

 

Bref, Sloterdijk ou la nostalgie nietzschéenne du Surhomme : tout cela n’est pas innocent. Il a assuré­ment beaucoup de talent, il adore provoquer son public, il se réclame à la fois de Nietzsche et de Diogène pour récuser toute forme d’historicisme et se mettre à l’abri des impostures de la société. Diogène, c’est le philo­sophe qui fait pipi et se masturbe devant tout le monde et qui, quand il voit arriver Alexandre le Grand, qui a très envie de discuter avec ce philosophe-clochard qui a tant fait parler de lui en s’abritant tout nu dans son tonneau, lui dit sans respect pour les grands de ce monde : « Ote-toi de mon soleil ! » Impertinence, provo­cation, mépris... Lorsqu’il a écrit la Critique de la rai­son cynique, qui est son premier grand livre, un livre passionnant, une espèce de culture de la désolation qui renvoie aux catastrophes de ce siècle, en particulier à l’inconscience politique des artistes de la République de Weimar qui a précédé le drame hitlérien, Sloterdijk montre tout son talent. Mais rappelons que, dans cer­taines circonstances, il y a des gens qui choisissent de dire non et s’exposent à la mort tout simplement parce qu’ils ont dit non, refusant le cours du monde tel qu’il va (ou tel que l’anti-humanisme le fait apparaître).

 

Je crains que, dans l’espèce de cynisme dont se réclame Sloterdijk très formellement, il n’y ait une dérive possible qui est la pire de toutes. Et je vais vous dire laquelle : c’est la complaisance au désastre. Voici deux citations pour vous montrer comment il s’amuse de temps en temps à brouiller les cartes, parce qu’il peut écrire tout et n’importe quoi et provoquer son

 

monde, mélangeant innocents et coupables dans la même brassée historique des crimes de ce siècle. Pre­mière citation : « La mission de notre temps est de déve­lopper un   humour postmoderne   qui permette aux cybernéticiens d’avoir des relations amicales avec des cardinaux, des mollahs et des prêtres vaudous. »2 Deuxième citation, qui apparaît dès le premier para­graphe de l’un de ses derniers livres publiés en France, L’Heure du crime et le temps de l’œuvre, livre aussi inté­ressant que révélateur. Je lis : « À l’approche du bi-millénaire, nous commençons à voir les temps modernes dans leur ensemble comme une époque dans laquelle des choses monstrueuses ont été provoquées par des acteurs humains, entrepreneurs, techniciens, artistes et consom­mateurs. Ce monstrueux n’est ni envoyé par des anciens dieux, ni représenté par les monstres classiques ; les temps modernes sont l’ère du monstrueux créé par l’homme. Est moderne celui qui est touché par la conscience du fait que lui ou elle, au-delà de l’inévitable qualité de témoin, est intégré par une sorte de complicité à ce monstrueux d’un nouveau type. Si l’on demande à un moderne : "Où étais-tu à l’heure du crime ?", la réponse est : "J’étais sur le lieu du crime." Et cela signi­fie : dans le périmètre de ce monstrueux global qui, en tant que complexe des circonstances modernes du crime, inclut ses complices par l’action et ses complices par le savoir. La modernité, c’est le renoncement à la possibilité d’avoir un alibi. »

 

C’est assurément un passage superbe, qui n’est pas sans rappeler les thèmes sartriens de l’engagement et de la responsabilité auxquels nul ne peut se dire sans mauvaise foi en mesure de se soustraire. Il est vrai que le XXe siècle a été le siècle du monstrueux, avec l’appui de la science, quelle que soit la bonne conscience d’un grand nombre de scientifiques. Souvenons-nous du mot d’Oppenheimer : « Avec Hiroshima, la science a connu le péché. » Mais si tout le monde était effective­ment sur le lieu du crime au XXe siècle, tous n’étaient pas du côté du crime ni même des témoins inactifs ou impuissants. Tout de même, fût-ce en Allemagne nazie, il y eut des résistants qui payèrent de leur vie le refus de se donner l’alibi du consentement ou de la complai­sance ! À plus forte raison hors d’Europe où ce sont précisément la mobilisation et la résistance des Alliés qui nous ont épargné le triomphe du monstrueux.

Je dirais que, quand on se réclame de Diogène ou de Nietzsche, on peut être en tête-à-tête avec soi-même dans la provocation ou la folie, mais, quand on est en tête-à-tête avec soi-même, on ne contribue d’aucune façon à créer une communauté humaine. Il y a ainsi deux sortes de catégories d’humains : il y a ceux qui sont hors de l’histoire parce qu’ils ont de bonnes rai­sons d’en ricaner, comme Diogène ou comme Nietzsche, qui ont de bonnes raisons de dénoncer les impostures de l’humanisme, de très bonnes raisons de voir dans le cynisme ce que Sloterdijk appelle fort joli­ment la « figure du désaveu des valeurs ». Et il y en a d’autres, qui parfois ont tort, au prix de leur vie, de s’engager, de prendre position sans chercher d’alibi, de dire non, de refuser l’horreur, de se comporter en contestataires ou en dissidents qui ont plus de chances, quelles que soient leurs illusions et la manière dont les Tartuffe d’un vain humanisme peuvent les manipuler, d’écrire finalement une page de l’histoire humaine qui échappe au monstrueux - et nous réconcilie avec l’irré­pressible sens de la dignité humaine.

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Published by David Vandermeulen
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commentaires

Balthazar monge 18/03/2009 12:50

Je m'en souviens très bien .......... Vous aviez mangé à la maison et vous étiez avec votre conjointe. C'est vous le dessinateur ???? Mais oui .... Répondez moi; que nous puissions avoir une discussion par mails amitié à votre "femme" Balthazar

David Vandermeulen 17/03/2009 18:12

Bonjour Balthazar, et merci. Nous nous sommes vu chez ta Grand-Mère à Paris, tu nous as joué quelques morceaux à la guitare, t'en souviens-tu ?
Amitiés.

balthazar 17/03/2009 18:04

Monsieur, je suis le petit fils de Jean-jaques Salomon, en tombant par hasard sur cette page, je vois la photo de mon grand-père. Il me semble que cette photo n'est pas si vielle que sa, donc, tout d'abord bravo!En regardant les commentaires je vois que ma soeur a déjà posté un petit mot .... Alors moi de même!Je vois aussi que c'est David donc bonjour David et aurevoir ! Merci

Pascal 10/02/2009 22:23

Parce que j'écoutais hier soir par hasard l'émission de Laure Adler "A vois Nue" sur France-Culture sur George STEINER (qui dure toute la semaine de 20h à 20h30), j'ai repensé à votre interview donnée à Actu SF dans laquelle vous évoquiez votre projet de raconter l'histoire de la bombe atomique en collaboration avec Mr Salomon.
Robert Oppenheimer (le directeur scientifique du projet Manhattan) du temps où il enseignait à Princeton. George STEINER évoquait sa rencontre avec Oppenheimer qui avait été cassant, mais qui néanmoins l'avait engagé à Princeton en tant que premier jeune humaniste élu à l'institut. Son engagement avait été du au fait qu'il avait repris Oppenheimer qui déclarait que les blancs sont ce qu'il y a de plus important dans un texte (à propose du travail d'un Helléniste s'efforçant à reconstituer un texte). G.STEINER avait cité Mallarmé à l'origine de ces mots. G.STEINER racontait également qu'il avait surpris une déclaration d'Oppenheimer à un jeune scientifique : ''you are so young and already you have done so little". "Vous êtes si jeune et déjà vous avez accompli si peu". Il a évoqué également la chanleur et la générosité de Niels Bohr.

Ecrire l'histoire du projet Manhattan prendra au moins 10 tomes... On est loin des Histoires de l'Oncle Paul.
Un dernier clin d'oeil à Fritz Haber:
F.STERN cite dans son ouvrage "grandeurs et défaillances de l'Allemagne du XXè siècle" p124 : "Haber mit son institut sur le pied de guerre, une sorte de projet Manhattan avant la lettre, enrôlant 150 collaborateurs scientifiques et bien davantage encore de personnel divers"

David Vandermeulen 09/10/2008 17:54

Chère Salomé, merci pour ceci. Nous nous étions croisés en vitesse, justement chez votre grand-mère, en avril dernier il me semble. N’hésitez pas à lui transmettre le lien si vous le souhaitez.
Mes amitiés à Balthazar.
David