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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 16:22
Haber_enfant.jpgLa photo de ce jeune enfant est l’un des rares documents qui nous montre à quoi ressemblait Fritz Haber enfant. Le fait qu’il pose à l’âge de cinq ans avec une petite carabine a bien évidemment donné lieu à des commentaires tous aussi farfelus que divers. Preuve s’il en est que les images font toujours parler…

 


Dans ma biographie de Fritz Haber, j’ai pris le parti de ne pas trop aborder la part personnelle et intime de Haber. D’une part parce que l’on sait finalement très peu de choses sur ce sujet et qu’il n’existe pas de correspondance pouvant nous informer sur ses années de jeunesse, mais surtout parce que je ne désirais pas trop approfondir la psychologie du personnage sur des bases aussi peu sures.

 

L’on sait en effet peu de choses du jeune Haber, si ce n’est qu’il était un enfant sportif et turbulent, assez exubérant, parfois sauvage, malgré cependant une certaine fragilité physique. Sa mère est morte suite à des complications dues à sa naissance et le jeune Fritz à été dans ces premières années essentiellement élevé par ses sœurs. C’était un garçon porté sur le rire et la gaieté, on lui connaissait des accès de fougue, surtout envers la littérature et la poésie. Mais conjointement, il était aussi perturbé par une anxiété morale aiguë, désarrois qui l’amenaient à traverser des crises de mélancolies fréquentes, liées semble-t-il, à l’absence de sa mère. Les ambitions paternelles (Siegfried Haber, son père, ne souhaitait rien d’autre que de voir son unique fils reprendre l’affaire familiale) et les usages en vigueur modelèrent les débuts de la scolarité de Haber.

 

À dix ans, on l’inscrivit dans le plus coté des cinq gymnasiums de Breslau, établissement qui dispensait un excellent enseignement classique et littéraire. Ces gymnasiums offraient à la jeunesse juive, fortement surreprésentée en Silésie, quelque chose de plus qu’une éducation exigeante. En plus d’être une voie royale vers un statut social, ils conféraient des privilèges notables. Un garçon qui y avait suivi sa scolarité pendant cinq ans pouvait faire son service militaire en un an au lieu des trois années généralement imposées ; et un élève qui y avait passé neuf années pleines pouvait accéder immédiatement à n’importe quelle université d’Allemagne. Le gymnasium était donc bien la porte s’ouvrant sur la pleine assimilation, il avait pour les parents juifs un intérêt tout particulier dans la mesure où il satisfaisait leur désir d’éducation et de reconnaissance sociale.

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Published by David Vandermeulen - dans Documents
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