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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 09:40
Valéry a dit ceci dans ses Cahiers : « Mon travail d’écrivain consiste uniquement à mettre en œuvre (à la lettre) des notes, des fragments écrits à propos de tout, et à toute époque de mon histoire. Pour moi traiter un sujet, c’est amener des morceaux existants à se grouper dans le sujet choisi bien plus tard ou imposé ».  Jamais, je pense, je ne suis tombé sur une phrase qui m’a autant impressionné par sa familiarité, et si je ne l’avais moi-même jamais découverte, il est probable que j’aurais pu l’écrire à mon tour, avec certes, une moins bonne tenue de style. Comme je le disais récemment dans un entretien : Mon travail de création est un travail absolument intime et qui me demande d’être constamment autour de mes livres. Ce qui a pour particularité que mon travail n’a rien de personnel, ce ne sont que des choses détournées de livres et un assemblage d’idées que je puise et que je recompose. Tout vient du détournement, et tout mon travail pourrait se résumer à ce mot. Fritz Haber est un détournement de tous les livres historiques sur ce sujet. Et d’un point de vue graphique, il fonctionne sur le même mode. C’est à dire que pour réaliser une case de Fritz Haber, près de 7 à 15 photographies différentes, issues de supports différents, sont utilisées pour être remontées en une image originale, et c’est de cette image artificielle que naîtra mon aquarelle, après que je me sois appliqué à la retranscrire sur papier. Tout cela, curieusement, produit quelque chose de très intime et personnel, un rapport étrange qui rappelle celui qui liait Pascal à son Mémorial, peut-être.

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Published by David Vandermeulen - dans De la création
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commentaires

Newtoon 23/11/2008 19:05

En voilà une autre (citation) pour illustrer votre propos :

"The secret to creativity is knowing how to hide your sources" (A Einstein)

Et il savait de quoi il parlait, le bougre !