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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 11:58

 

Un texte saisissant d’Oscar Mandel est sorti cette année chez Allia : Être ou ne pas être juif. Anversois, né dans9782844855992.jpg une famille juive – son père travailla dans une usine de saucisses à Vienne, avant d’atterrir à Anvers pour devenir diamantaire sur le tas – Mandel atteignait l’âge de 18 ans lorsque le règne hitlérien tomba. Mandel est juif, considéré comme tel, mais cet état de fait s’est, dès sa prime enfance, très vite présenté à lui comme une anomalie. La guerre, ses pertes et ses douleurs, n’ont certainement pas apporté à Mandel de quoi le faire changer d’avis. Pour lui, définitivement, le prix à payer pour être Juif est trop cher ; trop de morts pour un concept trop vain, en somme. De cette rudesse envers la culture et la religion juives émerge du texte une émotion vraie et courageuse, d’autant que Mandel évacue – sans trop s’y attarder, malheureusement – tout rapprochement de sa pensée avec une éventuelle jüdische selbsthass, phénomène célèbre que l’on traduit généralement par haine de soi juive. Cet écrit, avec une tonalité toutefois inédite, résonne avec les pensées d’hommes comme Haber, Rathenau ou encore Karl Kraus. Espérons seulement que ce texte, intéressant et respectable, n’apportera pas du grain à moudre aux ambigus radicaux qui se font appeler antisionistes. On se souvient encore de certains haredim Neturei Karta, ces ultra-orthodoxes qui ont notamment frayé, il n’y a pas si longtemps encore, avec le Mouvement des damnés de l’impérialisme, ainsi qu’avec d’autres groupuscules de l’extrême droite européenne. Certes, les constructions et les raisonnements logiques des Neturei Karta se distinguent de ceux d’Oscar Mandel, mais ils débouchent sur certaines conclusions identiques.

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Published by David Vandermeulen - dans Littératures attenantes
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