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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 10:39
Kreimeier-UFA.jpgMon travail trouve une importante source d’inspiration dans le cinéma alors que j’entretiens avec celui-ci une relation confuse et difficile. Cette somme de Kreimeier est très complète et m’a ouvert des pistes nouvelles dans l’élaboration de mon scénario. Un livre écrit par un passionné de cinéma allemand qui a curieusement consolidé mon aversion pour l’art le plus fulgurant de l’histoire de l’humanité ; 60 ans pour une hégémonie, c’est peu de le dire. 
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 07:59
Lessing-HainedeSoi.jpgLa biographie de Fritz Haber peut s’envisager de diverses façons, la plus évidente et la plus profonde restant peut-être celle qui aborde l’éthique du scientifique. Mais il y en a une tout aussi importante, c’est celle qui traite du problème de la judéité. Le malaise d’être juif est un mal qui naquit dans le cours du XIXe siècle et l’on peut s’accorder à dire que c’est le juif allemand Theodor Lessing qui fut l’un des premiers à se pencher sur le problème, en plaçant des mots sur le mal et en le dénommant le jüdische selbsthass, la haine de soi juive. Ce phénomène toucha un grand nombre d’intellectuels juifs de l’époque, comme le jeune Weininger, Kraus, Rathenau, Maximilian Harden, ou, bien entendu, Fritz Haber. Theodor Lessing fut assassiné par les nazis à Marienbad, le 30 août 1933.
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 09:53

Weizmann-NaissanceIsrael.jpgImpossible de mettre Weizmann en scène sans avoir ses mémoires à portée de main. Ce livre, qui a paru en 1957 aux éditions Gallimard et qui étonnamment ne fut plus jamais réédité, est une mine d’anecdotes et d’informations essentielles pour comprendre qu’elle était véritablement la politique sioniste du premier président de l’Etat d’Israël. Les parallèles entre le parcours de Weizmann et celui de Haber sont nombreux et troublants, et une scène racontant un dîner chez les Weizmann recevant Haber n’est pas la plus étonnante. Autre comparaison, le lien qu’entretenaient ces deux grands scientifiques juifs avec l’IG Farben. J'ai déjà raconté dans le premier tome les relations de Haber avec Duisberg et l'IG Farben, place à Weizmann à présent. Extrait :

Je ne sais combien de temps j’eusse été capable de garder la chaire d’assistant sans un coup de chance extraordinaire dès le début. Je fus en mesure de vendre un brevet d’invention à la I. G. Farbenindustrie d’Allemagne, et cela me procura immédiatement un revenu régulier de six cents marks par mois. Ce fut pour moi une prodigieuse aventure. J’avais acquis mon indépendance matérielle! De plus, je l’avais obtenue par mes efforts personnels et sur mon champ d’expériences en tant que chimiste. Quant aux rapports réels avec la gigantesque entreprise qu’est la I. G. Farbenindustrie, je n’y prêtai guère d’attention. Peu de gens, à cette époque, songeaient à cette usine chimique comme étant le centre de la puissance militaire allemande et de ses rêves de conquête mondiale. J’éprouve un sentiment bizarre en me souvenant que, moi aussi, comme beaucoup d’innocents chimistes étrangers, j’ai contribué un peu à la puissance de ce sinistre instrument de l’ambition allemande. Un peu plus tard, je vendis ma première découverte à une firme parisienne et cette aubaine me permit de rembourser mon père d’une partie des dépenses de mon instruction.
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 12:57

HSQt1.jpgL’une de mes sources les plus importantes n’est pas un livre d’histoire ni même de sciences-humaines, mais bien plus que ça, il s’agit d’un roman, l’un des plus importants à mon sens : L’Homme Sans Qualités de Robert Musil.
Musil (1880-1942) connut personnellement Rathenau lors d’une conférence de ce dernier en janvier 1914. Ce fut lors de cette rencontre que l’industriel lui apparu subitement comme le modèle du personnage d’Arnheim, l’un des principaux personnages de L’Homme Sans Qualités. Idéaliste et intuitif en tout, Rathenau croyait paradoxalement en la réconciliation de la mystique poétique avec le pragmatisme le plus rationnel. Un oxymore métaphysique qui ne cessa d’intéresser Musil, mais qui l’agacera tout autant. La lecture de L’Homme Sans Qualités reste donc une source essentielle si l’on désire saisir en profondeur la personnalité complexe de Rathenau, car, comme le rappelle Jacques Bouveresse : « Max Libermann, qui était le cousin de Rathenau, a, du reste, reconnu que la description de Musil était d’une pertinence et d’une exactitude surprenante ». Musil consacra également un cahier complet à Rathenau, cahier qui, étonnement, ne fut jamais repris dans l’édition française des Journaux.

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 07:14

Sz--ll--si-Janzen-FritzHaber.jpgAutre pièce maîtresse de mon travail, la biographie allemande de Margit Szöllösi-Janzen, jeune historienne particulièrement pointue. Quelques personnes qui ont eu l’occasion de la rencontrer dans des colloques m’ont affirmé que la probité scientifique de Mme Szöllösi-Janzen est si aiguë qu’il est difficile à quiconque de ne pas avancer quelque chose sur Fritz Haber sans se faire corriger. Ce livre est probablement l’un des plus complets et l’un des plus remarqués, je n’ai pas eu besoin d’en connaître beaucoup plus sur la personnalité de son auteur pour être convaincu que j’avais là un ouvrage fondamental et d’une très grande tenue. C’est Jeannine Mathijs, ma merveilleuse belle-mère, qui m’a traduit la somme. Comme quoi, les belles-mères, pour certains, ça peut être une chance…

 
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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 08:14
Les Apprentis Sorciers de Michel Rival est le premier ouvrage que j’ai lu sur Fritz Haber, avant même d’avoir dessiné le moindre croquis. Ce livre est composé de trois portraits de scientifiques, trois personnages que l’on pourrait baptiser les apôtres de la science noire. Fritz Haber, inventeur de la guerre chimique moderne ; Wernher von Braun, fuséologue allemand, créateur des terribles V-2 lancés entre autres sur Anvers et Londres durant la seconde guerre mondiale ; et l’abominable Edward Teller, inventeur de la superbombe, la bombe H, mille fois plus puissante que la bombe A d’Oppenheimer. Un chapitre de 65 pages concises et sérieuses est consacré à Fritz Haber, il s’agit, encore aujourd’hui, de l’un des rares textes en français sur le bonhomme.
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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 10:40

Stern-Grandeurs-D--faillances.jpgPour réaliser la biographie de Fritz Haber, j’ai lu un nombre très importants d’ouvrages. L’une des pièces maîtresses de ce travail est sans nul doute le livre de Fritz Stern Grandeurs & Défaillances de l’Allemagne du XXe siècle, le cas exemplaire d’Albert Einstein. Ce livre consacre plusieurs chapitres à quelques personnages clefs de l’histoire allemande. Albert Einstein, bien sûr, mais aussi Fritz Haber, Walter Rathenau, Max Plank ou Haïm Weizmann. J’ai découvert ce livre alors que je m’étais déjà décidé à ne pas me contenter de raconter la seule vie de Fritz Haber. Très tôt, j’ai désiré étendre davantage mon récit sur les destins de Rathenau, Einstein et Weizmann. Autant dire que ce livre, quand il me tomba dans les mains, reçu toute ma bénédiction ! Fritz Stern n’est pas n’importe qui, il est l’un des plus grands historiens de l’Allemagne et porte un regard tout particulier sur son sujet puisqu’il est le filleul de Fritz Haber. Le chapitre central de ce livre, Ensemble et à part : Haber et Einstein, est certainement le texte que j’ai le plus lu dans ma vie, et je pense qu’il doit y avoir quelques passages que j’arriverais à déclamer par cœur… Durant l’année 2006, Mme Traeger, l’arrière petite fille de Fritz Haber et Clara Immervahr m’a contacté, et je me souviens qu’elle comptait partir à New-York, rendre visite à son grand oncle, Fritz Stern. Elle me confiait à l’époque qu’elle lui apporterait un exemplaire de ma bande dessinée. Je ne sais si elle l’a fait, mais la simple idée que cet immense historien puisse pencher un œil distrait sur mon travail m’envahit encore aujourd’hui d’une étrange honte mêlée d’orgueil.

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