Actualité liée à la biographie de Fritz Haber par David Vandermeulen
Attention, Cimes de Vincent Fortemps est une bande dessinée de poésie... Vandermeulen écrit une ambitieuse biographie très documentée, complète et instructive sans chercher le divertissement. Toutefois cette BD est un peu difficile d’accès. Le traitement graphique est original. Toutes les planches sont en aquarelle de couleur sépia et tous les textes sont inscrits en bas des cases ou sur des petites cases noires. Tout ceci donne l’impression de voir un film du début du XXème siècle. Cette série est une réussite mais elle intéressera vraiment les connaisseurs et les fanas d’histoire.
J’aimerais entamer ici quelques notes relatives à quelques idées préconçues ou qui me paraissent fausses, et que certaines chroniques peuvent parfois propager. Loin de moi l’envie de réagir comme peut le faire parfois Manu Larcenet, dont chacun qui le connaît un peu sait qu’il souffre assez mal la critique injuste (mais Manu Larcenet est un tempérament, et ce travers lui appartient et fait aussi son charme, on ne change pas une « tête de lard », n’est-ce-pas), j’aimerais commencer ma réflexion en commentant cette petite intervention ci-dessus et qui au demeurant aborde mon livre de façon plutôt positive et gentille. Ceci non pas comme pourrait le faire Manu Larcenet, en justifiant devant vous mon travail ou ma personne, mais avant tout pour souligner un travers assez commun que je perçois au sein de la sphère bédéphile, je veux parler de cette idée forte qui ne souhaite voir dans le programme que se donne la bande dessinée que l’édification d’une lecture légère et délassante. Le petit extrait que j’ai reproduis est selon moi particulièrement révélateur, puisqu’il semble avoir été écrit par quelques amateurs éclairés qui ne se contentent pas de chroniquer leurs lectures BD sur Internet, mais qui organisent également des entretiens avec des auteurs, entretiens et chroniques qui sont aussi, semble-t-il, diffusés sur des ondes radios. Ainsi, la petite chronique qui a la bienveillance de s’intéresser à mon travail se doit de préciser à son public que ma « série », si elle est bien une réussite, ne plaira vraisemblablement qu’aux connaisseurs (connaisseurs de quoi, cela n’est pas dit) et aux « fanas d’histoires », une expression étrange, qui fait penser à ces gens qui les week-ends aiment à se déguiser et à mimer des situations dans les conventions moyenâgeuses ou napoléoniennes.