Actualité liée à la biographie de Fritz Haber par David Vandermeulen
Lors d’une représentation de La Boîte de Pandore qu’il organisa à Vienne, en 1905, pour protester contre l’interdiction de ce chef-d’œuvre de Wedekind, Karl Kraus donna du personnage de Lulu une interprétation majeure. Texte admirable, critique qui va au-delà du théâtre voire de ce monde d’hommes et de pouvoir jusqu’au « chaos ». « Mais, au milieu des cadavres, passe une somnambule de l’amour, celle en qui tous les privilèges de la femme ont été transformés en vices par un monde imbu de ses idées sociales. »
Frank Wedekind, rivant le clou à ses accusateurs, par le biais de la comtesse Geschwitz, personnage tragique par excellence, nous oblige à distinguer « morale bourgeoise, que le juge a mission de protéger, et morale humaine, qui échappe à toute juridiction d’ici-bas ». « Pourtant, la seule malédiction du penchant contre nature n’aurait pu me séduire assez pour en faire l’objet d’un travail théâtral. Je le fis plutôt parce que je pensais que ce type de fatalité, sa façon de nous heurter dans notre culture, n’avait pas été traité de manière tragique. J’ai eu envie d’arracher au sort du ridicule la puissance tragique de combats physiques extraordinairement forts. »