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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 10:40

Stern-Grandeurs-D--faillances.jpgPour réaliser la biographie de Fritz Haber, j’ai lu un nombre très importants d’ouvrages. L’une des pièces maîtresses de ce travail est sans nul doute le livre de Fritz Stern Grandeurs & Défaillances de l’Allemagne du XXe siècle, le cas exemplaire d’Albert Einstein. Ce livre consacre plusieurs chapitres à quelques personnages clefs de l’histoire allemande. Albert Einstein, bien sûr, mais aussi Fritz Haber, Walter Rathenau, Max Plank ou Haïm Weizmann. J’ai découvert ce livre alors que je m’étais déjà décidé à ne pas me contenter de raconter la seule vie de Fritz Haber. Très tôt, j’ai désiré étendre davantage mon récit sur les destins de Rathenau, Einstein et Weizmann. Autant dire que ce livre, quand il me tomba dans les mains, reçu toute ma bénédiction ! Fritz Stern n’est pas n’importe qui, il est l’un des plus grands historiens de l’Allemagne et porte un regard tout particulier sur son sujet puisqu’il est le filleul de Fritz Haber. Le chapitre central de ce livre, Ensemble et à part : Haber et Einstein, est certainement le texte que j’ai le plus lu dans ma vie, et je pense qu’il doit y avoir quelques passages que j’arriverais à déclamer par cœur… Durant l’année 2006, Mme Traeger, l’arrière petite fille de Fritz Haber et Clara Immervahr m’a contacté, et je me souviens qu’elle comptait partir à New-York, rendre visite à son grand oncle, Fritz Stern. Elle me confiait à l’époque qu’elle lui apporterait un exemplaire de ma bande dessinée. Je ne sais si elle l’a fait, mais la simple idée que cet immense historien puisse pencher un œil distrait sur mon travail m’envahit encore aujourd’hui d’une étrange honte mêlée d’orgueil.

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Published by David Vandermeulen - dans Littératures attenantes
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commentaires

Pascal 10/02/2009 21:31

Je viens de le lire. Passionnant. Parmi les nombres informations relevées : la passion d’Haber pour la pédagogie. p84 «Haber définissait son propre critère pour jauger la réussite d’un enseignant : Quelle est la capacité de l’étudiant à penser par lui-même ? Haber s’intéressait en effet passionnément à une chose où lui-même excellait : la pédagogie ».

Autre passage : p153. « Fritz Haber donnait sa pleine mesure comme directeur de son institut, en particulier lorsqu’il animait son séminaire bimensuel, réputé dans le monde entier. Là, avec sa façon fameuse de chercher des réponses, il aidait ses collègues à se dépasser comme hommes et comme savants. Comme devait le rappeler Karl Friedrich Bonhoeffer : Combien de fois n’arriva-t-il pas qu’à la fin d’un exposé abscons ou trop spécialisé Haber prit la parole et formula en deux ou trois phrases le problème en discussion ? Et combien de fois le groupe ne tira-t-il pas davantage de ces deux ou trois phrases que de l’heure qui avait précédé ? (…) Et alors, avec le sourire, (il posait) à la manière de Socrate des questions qui élevaient le débat vers la clarté ».

Autre sujet à la personnalité intéressante : Rathenau
p 173 «Rathenau possédait de multiples talents et centres d’intérêts ; il essaya de tous les cultiver sans en abandonner aucun au profit d’une quête unique. Il avait de grandes aptitudes pour tout ce qui était matériel et une puissance intellectuelle extraordinaire ; il comprenait le monde des affaires, l’entrecroisement des intérêts, les connexions entre la science, la technique et la puissance nationale. Il excellait en ce domaine et était considéré comme un sorcier de l’économie. Il avait dévoré la littérature universelle, mais il n’en portait pas moins sa bildung comme un fardeau. A vingt ans, il s’étai découvert des dons d’écrivain, amis avec l’ambivalence qui le caractérisait, il prit souvent des noms de plume pour signer ses premières tentatives. Il entretenait ses capacités artistiques et littéraires ; ses dessins et tableaux montraient son habileté et son talent et il joua du piano jusqu’à la fin de sa vie. Et cependant, il dévalorisait probablement ce qu’il faisait le mieux. Cet homme voué à l’économie aspirait à être un philosophe roi des temps modernes »

On retrouve ses tableaux sur le site http://www.walther-rathenau.de/galerie.htm

p174… « Rathenau compensait sa familiarité précaire avec la haute administration en cultivant des amitiés avec les chefs de fils de ce qu’on appellerait aujourd’hui la contre-culture, avec les représentants artistiques de la modernité ».

et la superbe citation d’Einstein p179 : « Si on lui avait proposé d’être pape, il aurait accepté. D’un point de vue technique, il ne s’en serait probablement pas si mal tiré ».

David Vandermeulen 07/10/2007 19:09

Eh bien merci beaucoup !
à demain, donc :-)

effer 07/10/2007 17:59

Ce blog est une vrai mine d'or en complément à l'album Fritz Haber dont j'attends la suite avec impatience!
je viens ici tous les jours, continuez et merci beaucoup.
P.S. J'ai connu votre blog par votre annonce sur le forum bulledair.