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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 10:39
Depuis Suétone et sa Vie des douze Césars, jusqu’au XVIIIe, moment ou apparaît pour la première fois dans les dictionnaires le terme « biographie », on a toujours préféré le mot « vie » pour définir le genre littéraire qui aborde le destin d’une personnalité. Ceci montre à quel point la biographie est un genre qui, plus que tout autre, se doit de jouer avec le temps. La bande dessinée entretient elle aussi un rapport tout spécifique au temps. De par sa structure-même, ainsi que par son mode de fabrication généralement lent (un auteur de bande dessinateur produit en moyenne 10 pages par mois), la bande dessinée ne permet pas toutes les audaces, ce qui explique en partie pourquoi la biographie n’est pas un genre important en bande dessinée. On a connu de grands classiques de la biographie en bande dessinée, tels que les Baden-Powell, Dom Bosco et Christophe Colomb de Jijé, par exemple. Mais ces vies de grands hommes en bande dessinée, à y regarder de près, s’apparentaient plus à des synthèses hagiographiques qu’à de véritables biographies littéraires telles qu’on l’entend aujourd’hui. Ceci à son explication : comment rendre toutes les subtilités d’une vie en moins de soixante pages en images ? Voltaire, déjà, ne disait-il pas, dans Le Blanc & le Noir : « N’est-il pas vrai que vous pouvez lire en une heure l’abrégé de l’histoire des Perses, écrite par Zoroastre ? cependant, cet abrégé contient huit cent mille années. »jij--.jpg
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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 08:42
Je me suis avancé un peu en affirmant que j’étais le premier à aborder la vie de Fritz Haber en bande dessinée. J’ai découvert une case sur Internet qui indique qu’un autre auteur a déjà dessiné le bonhomme. Mais impossible de savoir d’où provient cette case… Si un spécialiste passe par ici…

Fritz.jpg
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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 08:30

Ici, une photographie réalisée en 1921 à Göttingen pour le départ de James Franck, assis au centre du divan. La façon dont Fritz Haber regarde Einstein me plaît tout particulièrement. James Franck, juif comme Einstein et Haber, recevra le prix Nobel de physique quatre ans après la date de ce cliché. Dès 1914, Franck fut l’un des membres prestigieux du « laboratoire Haber », la cellule spéciale qui avait pour mission de produire un gaz de combat pour l’armée allemande.

Plus tard, Franck participa au projet Manhattan, la cellule spéciale qui avait pour mission de produire une super-bombe pour l’armée américaine.
le-divan.jpg

Assis, de gauche à droite : Herta Sponer, Albert Einstein, Ingrid Franck, James Franck, Lise Meitner, Fritz Haber Otto Hahn. Derrière, debout : Walter Grotrian, Wilhelm Westphal, Otto Baeyer, Peter Pringsheim, Gustav Hertz.


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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 10:08

valery.jpg"Sur la toile tendue, sur le plan toujours pur où la vie ni le sang même ne laissent point de traces, les événements les plus complexes se reproduisent autant de fois que l’on veut. Les actions sont hâtées, ou sont ralenties. L’ordre des faits peut être renversé. Les morts revivent et rient. Chacun voit de ses yeux que tout ce qui est, est superficiel. Tout ce qui fut lumière est extrait du temps ordinaire. Cela devient et redevient au milieu des ténèbres. On voit la précision du réel revêtir tous les attributs du rêve. C’est un rêve artificiel. C’est aussi une mémoire extérieure, et douée d’une perfection mécanique. Enfin, par le moyen des arrêts et des grossissements, l’attention elle-même est figurée.

 
Mon âme est divisée par ces prestiges.
 

Elle vit sur la toute-puissante et mouvementée ; elle participe aux passions des fantômes qui s’y produisent. Elle s’imprègne de leurs manières ; comment on sourit, comment on déclare son amour ; comment on franchit un mur ; comment on tue ; comment on réfléchit visiblement…

 

Mais l’autre effet de ces images est plus étrange. Cette facilité critique la vie. Que valent désormais ces actions et ces émotions dont je vois les échanges, et la monotone diversité ? Je n’ai plus envie de vivre, car ce n’est plus que ressembler. Je sais l’avenir par cœur".

J’aime particulièrement ce petit texte peu connu de Paul Valéry, publié dans le premier numéro de la revue Cinéma, en 1944.
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 10:39
Kreimeier-UFA.jpgMon travail trouve une importante source d’inspiration dans le cinéma alors que j’entretiens avec celui-ci une relation confuse et difficile. Cette somme de Kreimeier est très complète et m’a ouvert des pistes nouvelles dans l’élaboration de mon scénario. Un livre écrit par un passionné de cinéma allemand qui a curieusement consolidé mon aversion pour l’art le plus fulgurant de l’histoire de l’humanité ; 60 ans pour une hégémonie, c’est peu de le dire. 
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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 08:39
Outre le drame des colonies allemandes de 1904-1908, je traite deux autres affaires qui ont éclaboussé la politique wilhelminienne : l’affaire Eulenburg et l’affaire du Daily Telegraph. Avec ce que l’on a appelé la crise marocaine, ces deux affaires représentent des jalons importants à la chute du deuxième Reich. La première affaire que j’évoque dans Les Héros, celle d’Eulenburg, est une retentissante affaire de mœurs qui a éclaboussé l’Empereur et la politique allemande jusque dans la presse internationale. Je reviendrai plusieurs fois sur ces affaires retentissantes.affaireEulenburg1.jpghomo6.jpg
Cela n'a jamais été aussi crasseux avant.
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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 07:52

haber2.jpgVoici ce que l’on pourra lire sur le rabat droit de la couverture (et qui devrait dans les prochains mois à venir, faire l’essentiel des critiques de la presse sur Internet, mais ne soyons pas trop insolent) :

 

Ce deuxième tome poursuit la biographie du chimiste juif allemand Fritz Haber, de 1908 à décembre 1914, période durant laquelle peu devinèrent ce qu’allait inaugurer et coûter ce qui s’appellera la « Grande Guerre ». Placer la Science au service de l’Industrie, l’éthique scientifique au service de l’Armée, tel fut pour certains savants et hommes politiques le devoir national envers « l’esprit allemand ». Fritz Haber en réalisa parfaitement le programme : inventeur du gaz moutarde il fut un nationaliste radical et belliciste. C’est dans ce contexte trouble et fascinant que Haber se lia d’amitié avec le jeune Albert Einstein, futur grand héros du XXe siècle.

 

 

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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 09:20

Rectificatif : Le tome 2 de Fritz Haber ne sortira pas le 2 novembre comme prévu. Aux dernières nouvelles, la sortie est reportée à l’office du 21 novembre. Un problème est survenu chez l’imprimeur puisque les bonnes-feuilles qui me sont parvenues tiraient fortement sur le vert, avec une perte importante des contrastes. Pilon, réimpression et patience, donc.bonnes-feuilles.JPG

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 07:59
Lessing-HainedeSoi.jpgLa biographie de Fritz Haber peut s’envisager de diverses façons, la plus évidente et la plus profonde restant peut-être celle qui aborde l’éthique du scientifique. Mais il y en a une tout aussi importante, c’est celle qui traite du problème de la judéité. Le malaise d’être juif est un mal qui naquit dans le cours du XIXe siècle et l’on peut s’accorder à dire que c’est le juif allemand Theodor Lessing qui fut l’un des premiers à se pencher sur le problème, en plaçant des mots sur le mal et en le dénommant le jüdische selbsthass, la haine de soi juive. Ce phénomène toucha un grand nombre d’intellectuels juifs de l’époque, comme le jeune Weininger, Kraus, Rathenau, Maximilian Harden, ou, bien entendu, Fritz Haber. Theodor Lessing fut assassiné par les nazis à Marienbad, le 30 août 1933.
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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 17:27
Einstein2.jpgSi la lettre qu’il envoya au président Franklin D. Roosevelt le 2 août 1939 lui causa une très mauvaise publicité, Albert Einstein n’en demeure pas moins un très grand esprit de courage et de volonté. On a retenu de lui ce qu’il accepta, mais une tendance assez étonnante et persistante souhaite que l’on oublie tout ce qu’il a eu le courage de refuser. Sollicité de toute part, Einstein réussit néanmoins à rester fidèle à ses convictions alors que celles-ci n’étaient certainement pas à la mode de l’Allemagne. Sa position antimilitariste, pour n’évoquer que cette dimension, fut particulièrement difficile à tenir, et très peu de grandes figures, politiques, culturelles ou intellectuelles, ont su aussi bien que lui défendre cette position, tant la critique de la guerre était, dans les années 1914 et 1915, unanimement interprétée comme la marque d’un anti-patriotisme intolérable. J’essaie de faire comprendre dans Les Héros, à quel point la position de Einstein était difficile à tenir ; Einstein était amené à côtoyer les savants qui avaient signé le manifeste dit des 93, cette lettre ouverte aux Nations civilisées, qui clamait haut et fort que l’Allemagne n’avait rien à se reprocher en violant le droit de la Belgique.
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