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Mardi 22 avril 2008

Si je parle beaucoup des signataires du Manifeste des 93, c'est parce que ce texte fit énormément de bruit durant la fin de l'année 1914 et toute l'année 1915. Mais l'histoire a oublié la réponse qui fut donnée à cet énorme élan patriotique. Georg Friedrich Nicolai, professeur de médecine à la Charité de Berlin et pacifiste intransigeant rédigea, avec Einstein et Foerster un contre manifeste baptisé « L'appel aux Européens » (« Aufruf an die Europäer ») qui fut accueilli non sans la plus grande circonspection par les intellectuels allemands, si bien qu'il cessa de circuler au bout de quelques jours. L'Appel aux Européens portera en tout quatre signatures : celles de Nicolai, de Friedrich Wilhelm Foerster, professeur de pédagogie à l'Université de Munich, d'Otto Buek, éditeur de Kant, disciple de Hermann Cohen et Paul Natorp et enfin celle d'Einstein, dont ce texte constitue la première prise de position publique. [1]


Aufruf an die Europäer


Alors que la technique et les échanges nous incitent, de toute évidence, à reconnaître de facto les relations internationales et nous conduisent à une civilisation mondiale universelle, jamais une guerre n'a, comme celle que nous vivons, détruit la communauté culturelle née de la collaboration [des nations]. Peut-être ne nous en rendons-nous compte aussi nettement que parce que les liens dont nous déplorons vivement la rupture étaient précisément si nombreux.
Même si cet état de choses ne doit pas nous surprendre, ceux qui tiennent un tant soit peu à cette culture mondiale commune sont doublement obligés de lutter pour le maintien de ces principes. Or ceux chez qui on devrait pouvoir supposer un tel souci - c'est-à-dire d'abord les savants et les artistes - ont jusqu'à présent prononcé presque exclusivement des paroles laissant croire que l'interruption des relations [internationales] a fait cesser jusqu'au désir qu'elles se poursuivent ; ils ont prononcé des paroles de guerre, presque aucun d'entre eux n'a parlé pour la paix.
Aucune passion nationale n'excuse un tel état d'esprit, indigne de ce que le monde entier a toujours compris sous le terme de civilisation, et il serait funeste qu'il devînt l'idéologie commune des clercs.
Cela serait un malheur non seulement pour la civilisation, mais aussi - nous en sommes convaincus - un malheur pour ce qui constitue en dernière instance la cause de tout ce déchaînement de barbarie : à savoir pour l'existence nationale de chacun des États.
Sous l'effet de la technique, le monde a rapetissé, les États de la
grande péninsule européenne paraissent aujourd'hui aussi serrés les uns contre les autres que l'étaient autrefois les villes de chacune des petites péninsules méditerranéennes, et l'Europe - on pourrait presque dire : le monde - par la diversité de ses relations, représente déjà une unité, ayant pour fondement les besoins et les modes de vie de chacun [des peuples].
Aussi serait-ce le devoir de tout Européen cultivé et de bonne volonté au moins de tenter d'empêcher que l'Europe, en raison de son manque d'organisation interne, ne connaisse le même sort tragique que la Grèce autrefois. Ou faut-il que l'Europe, elle aussi, s'épuise peu à peu et périsse dans des guerres fratricides ?
Car la guerre qui fait rage aujourd'hui ne fera sans doute pas de vainqueur, elle ne laissera vraisemblablement que des vaincus. Aussi semble-t-il non seulement bon, mais absolument nécessaire que les clercs de tous les États mettent leur poids dans la balance afin que, quelle que soit l'issue, encore incertaine, de cette guerre, les conditions de la paix ne deviennent pas la source de guerres futures ; il faut au contraire exploiter le fait que cette guerre a plongé l'Europe dans l'instabilité et l'incertitude, pour la remodeler et faire d'elle une unité organique. Les conditions techniques et intellectuelles sont réunies pour le faire.
La question de savoir de quelle manière cet ordre européen est possible ne saurait être traitée ici. Nous voulons seulement souligner pour le principe notre profonde conviction que nous vivons une époque où l'Europe doit s'unir si elle veut protéger son territoire, ses habitants et sa civilisation.
Nous croyons que cette volonté d'union est latente chez beaucoup, et nous voulons, en l'exprimant en commun, lui donner toute sa force.
A cette fin, il semble d'abord nécessaire que s'unissent tous ceux que fait vibrer la civilisation européenne, et qui sont donc ceux que Goethe a appelés de « bons Européens », car on ne doit pas abandonner l'espoir que leurs voix unies - même couvertes par le fracas des armes - ne restent pas tout à fait sans écho, surtout si, parmi ces « bons Européens de demain » on trouve tous ceux qui jouissent de respect et d'autorité parmi leurs pairs.
Mais il est nécessaire que les Européens se rassemblent d'abord, et, lorsque - comme nous l'espérons - il se sera trouvé assez d'Européens en Europe, c'est-à-dire assez d'hommes pour qui l'Europe n'est pas seulement une notion de géographie mais une importante affaire de cœur, alors nous essaierons de convoquer une Ligue des Européens. C'est elle qui parlera et qui prendra les décisions.
Nous-mêmes, nous voulons nous contenter d'y inciter et d'y appeler, et nous vous demandons, si vous pensez comme nous et si, comme nous, vous êtes décidés, de donner à la volonté européenne le plus large écho en joignant votre signature à la nôtre.


[1] D'après Albert Einstein, Œuvres vol. 6 - Editions du Seuil/CNRS - 1991.

Par David Vandermeulen
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Samedi 5 avril 2008



L'autre référence à la littérature f
rançaise ne se voit pas dans les citations mais bien dans le corps du récit, lorsque le jeune Fritz Haber ironise faussement avec sa jeune fiancée Clara sur l'art de Destouches.
Philippe Destouches est un auteur dra
matique français (1680-1754) que l'on ne lit plus. Entré à l'Académie avant même d'avoir écrit ses meilleures comédies, on ne retient aujourd'hui de lui que le titre de l'une de ses pièces, Le Glorieux, une pièce de théâtre molièresque et moralisante, sauvée de l'oubli grâce à quelques tirades tombées dans le langage courant, tels que : « Chassez le naturel, il revient au galop ! ; Les absents ont toujours tort ; La critique est aisée, et l'art difficile ». Comme nous dirait l'autre : Etonnant, non ?
Par David Vandermeulen
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Jeudi 27 mars 2008
figaro1901.jpg Par le jeu des citations que j'emploie dans mon récit, on aura compris très rapidement que je m'abstiens de diffuser des idées françaises. La seule citation française que l'on peut lire sur les 300 pages déjà publiées est celle, antisioniste, du journaliste juif Emil Berr dans le Figaro du 4 septembre 1897 :

Le sionisme - ne riez pas - s'est donné pour programme la reconstitution du royaume de Juda. L'invention est due à un petit groupe d'israélites spirituels et irascibles, qui ont rêvé de jouer aux antisémites du monde entier la farce De s'en aller, j'entends de s'en aller de partout, de déserter les insuffisantes ptries où la sécurité des consciences et des intérêts juifs semblent désormais en péril, et de se donner rendez-vous, à l'abri des malveillances et des haines en quelque coin vacant de Palestine ou d'ailleurs, où l'antique patrie juive serait, au profit de ses émigrants, recréée. Détail piquant : les plus empressés à saluer d'applaudissements les discours du docteur Herzl furent les antisémites ; Au fond, rien de plus naturel. La doctrine antisémite se réduit à ceci : les Juifs tiennent chez nous trop de place et il est urgent qu'on les mette à la porte. Un Juif survient qui propose à ses coreligionnaires de s'y mettre eux-mêmes : les antisémites trouvent l'idée géniale et en acclament l'auteur.

Émile Berr était un journaliste et critique littéraire français d'origine juive. Il écrivit, des années 1880 aux années 1900, pour les quotidiens et hebdomadaires La France du Nord, Le Petit Parisien, Le Figaro, etc. Dès 1894, Berr devint directeur éditorial auxiliaire au Figaro et créa le supplément littéraire du célèbre journal. Son frère, George Berr était un célèbre acteur de théâtre, connu du tout Paris.
Il peut paraître étonnant au lecteur d'aujourd'hui de découvrir la raillerie qui transparaissait des articles que Berr consacrait à la couverture de l'actualité sioniste de son temps. Mais il ne faut pas perdre de vue que de nombreux intellectuels juifs du XIXe siècle et du début du XXe siècle, en Europe occidentale principalement, à l'instar des Karl Marx ou des Karl Kraus, affichaient volontiers leur antipathie du juif, sans pour autant considérer leurs préjugés intimes comme une contradiction.
Comme le soulignait Léon Poliakov dans sa somme consacrée à l'histoire de l'antisémitisme, on pouvait « être Juif de naissance, et ne plus vouloir l'être », et, précisant, à propos de Marx : « N'aurait-il pas inconsciemment cherché à prendre ses distances par rapport au judaïsme, à produire son certificat de non-judéité ? » [1], réflexion se référant à la boutade de Heine qui se plaisait à dire qu'il « avait trouvé dans son berceau sa feuille de route pour la vie entière ».


[1] Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme, tome III, de Voltaire à Wagner, Calmann-Lévy, 1968, pp. 435-436.


Par David Vandermeulen
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Lundi 17 mars 2008

Fritz1891.jpg Le Haber des 17 ans, comme il est introduit dans le récit, était l’archétype du jeune homme allemand instruit et cultivé de la fin du XIXe siècle. Il appartenait à cette jeunesse souhaitant mener une existence propre, autrement que celles de ses pères, persuadée que rien n’est désormais non modifiable ou non améliorable de quelque façon, si bien que plus aucune loi ne demeurait pour elle définitive. Les enfants de cette Allemagne inédite, qu’un gouffre générationnel d’une portée jamais encore observée jetait sans émoi dans un monde en plein bouleversement, incarnaient la passion, l’impatience et les espérances les plus folles. Il n’en restait pas moins que ces jeunes gens optimistes et déterminés devaient se heurter à un monde devenu particulièrement complexe, où malgré tout, le simple fait de s’imposer tenait de la performance, et plus encore si l’on était issu, comme l’était le jeune Haber, de la communauté juive. Pour un juif comme Haber, sensible à l’art de commander et avide d’études universitaires, il était commun de dire : « Abandonnez toute espérance » [1].

Ce célèbre vers que le poète imagina au fronton de la porte de l’Enfer, Lasciate ogni speranza, « abandonnez toute espérance », fut, comme le rappelait en 1919 le sociologue Max Weber, une formule que l’on adressait communément aux juifs d’Allemagne qui aspiraient à la carrière académique.

La vie universitaire est donc livrée à un hasard sauvage. Quand de jeunes savants viennent demander des conseils pour leur habilitation, prendre la responsabilité de les encourager est presque impossible. S’agit-il d’un juif, on lui dit naturellement : Lasciate ogni speranza [2]

[1] D’après Margit Szöllösi-Janze, Fritz Haber, 1868-1934, eine biographie, C.H. Beck, et Fritz Stern, Grandeurs et défaillances de l’Allemagne du XXe siècle, Fayard, 2001.
[2] Max Weber, La profession et la vocation de savant in Le savant et le politique, édition établie par C. Colliot-Thélène, La Découverte, 2003, p. 75.

Par David Vandermeulen
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Mercredi 5 mars 2008
Haber_enfant.jpg La photo de ce jeune enfant est l’un des rares documents qui nous montre à quoi ressemblait Fritz Haber enfant. Le fait qu’il pose à l’âge de cinq ans avec une petite carabine a bien évidemment donné lieu à des commentaires tous aussi farfelus que divers. Preuve s’il en est que les images font toujours parler…

 


Dans ma biographie de Fritz Haber, j’ai pris le parti de ne pas trop aborder la part personnelle et intime de Haber. D’une part parce que l’on sait finalement très peu de choses sur ce sujet et qu’il n’existe pas de correspondance pouvant nous informer sur ses années de jeunesse, mais surtout parce que je ne désirais pas trop approfondir la psychologie du personnage sur des bases aussi peu sures.

 

L’on sait en effet peu de choses du jeune Haber, si ce n’est qu’il était un enfant sportif et turbulent, assez exubérant, parfois sauvage, malgré cependant une certaine fragilité physique. Sa mère est morte suite à des complications dues à sa naissance et le jeune Fritz à été dans ces premières années essentiellement élevé par ses sœurs. C’était un garçon porté sur le rire et la gaieté, on lui connaissait des accès de fougue, surtout envers la littérature et la poésie. Mais conjointement, il était aussi perturbé par une anxiété morale aiguë, désarrois qui l’amenaient à traverser des crises de mélancolies fréquentes, liées semble-t-il, à l’absence de sa mère. Les ambitions paternelles (Siegfried Haber, son père, ne souhaitait rien d’autre que de voir son unique fils reprendre l’affaire familiale) et les usages en vigueur modelèrent les débuts de la scolarité de Haber.

 

À dix ans, on l’inscrivit dans le plus coté des cinq gymnasiums de Breslau, établissement qui dispensait un excellent enseignement classique et littéraire. Ces gymnasiums offraient à la jeunesse juive, fortement surreprésentée en Silésie, quelque chose de plus qu’une éducation exigeante. En plus d’être une voie royale vers un statut social, ils conféraient des privilèges notables. Un garçon qui y avait suivi sa scolarité pendant cinq ans pouvait faire son service militaire en un an au lieu des trois années généralement imposées ; et un élève qui y avait passé neuf années pleines pouvait accéder immédiatement à n’importe quelle université d’Allemagne. Le gymnasium était donc bien la porte s’ouvrant sur la pleine assimilation, il avait pour les parents juifs un intérêt tout particulier dans la mesure où il satisfaisait leur désir d’éducation et de reconnaissance sociale.

Par David Vandermeulen
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Jeudi 27 décembre 2007

L’extrait du texte de Paul Létourneau consacré à Rathenau que je présente ici n’est pas tiré de son Rathenau dont je viens de parler plus bas mais il est issu de la thèse de Létourneau intitulée La pensée politique et économique de Walther Rathenau soutenue le 19 décembre 1980 devant l’Université de Strasbourg III (restons précis, oui). Ce passage est aussi repris dans l’excellent ouvrage collectif La « Révolution conservatrice » dans l’Allemagne de Weimar, sous la direction de Louis Dupeux aux éditions Kimé (j’y reviendrai certainement car cet ouvrage est également grandement intéressant). Voici donc un extrait qui aborde les rapports particuliers qu’entretenait Rathenau avec la question juive.

 

RathenauW.jpg Si Rathenau n’était pas porté à se confier, en revanche, sur la question juive, il était extrêmement agressif. Il se tourmentait à ce point sur son origine qu’il en fit une sorte de culte malsain. A tout propos et sans raison apparente, il ne cessera de revenir sur ce problème, comme si une véritable malédiction était attachée à ses pas et à ceux de l’Allemagne.

 

Nous ignorons quand et comment Rathenau a été confronté à ce problème pour la première fois. Nous pouvons seulement constater que ses années à l’université (1884-1889) correspondent à un renouveau des vieilles réserves anti-juives. Dans son opuscule, «L’État et le Ju­daïsme », écrit en 1911, il se souviendra de cette période : « Dans les années de jeunesse de tous les jeunes Juifs allemands se trouve un moment douloureux dont il se souviendra durant toute sa vie : quand pour la première fois il prendra pleinement conscience qu’il est entré dans le monde en qualité de citoyen de deuxième classe et qu’aucune aptitude et aucun mérite ne pourront le libérer de cette situation. »

 

Mais l’empire wilhelmien n’était pas le Troisième Reich et les Juifs avaient alors la possibilité, par la conversion à l’une des deux grandes confessions chrétiennes, d’obtenir leur « billet d’entrée » dans les hautes positions civiles de l’État. Pour l’accès à la haute société, la conversion n’était pas indispensable mais elle était souhaitable. De fait, comme le responsable de l’Office des colonies Dernburg ou comme Maximilian Harden, plusieurs de ces ressortissants allemands d’origine juive se convertirent, surtout dans le groupe le plus fortuné et le mieux « établi » de cette minorité. En dépit de son ambition, Rathenau n’était pas prêt à prendre ce « billet d’entrée » parce qu’il voyait que ce geste privé ne réglerait pas la question juive. Pourtant, en matière de religion, il préférait reposer sur le « sol de l’Évangile ». Cette noble attitude de pensée n’était pas inspirée par un esprit dévot, mais par un homme qui rejetait résolument le dogmatisme des Églises chrétiennes. Nous avons déjà vu que son père n’était pas très pratiquant et qu’il passait pour un « juif libéral ». A l’enterrement de son père, Walther refusa de laisser parler un rabbin et se chargea lui-même de l’oraison funèbre dans lequel il invoqua Dieu mais non la religion judaïque, choquant sans doute ainsi une partie de son auditoire, dont certains des vieux associés de l’AEG.

 

Walther Rathenau ne se considérait pas comme un Juif mais comme un Allemand, bien que dans son article « Écoute Israël ! » il lançât cette phrase provocatrice : « Dès le début, je veux que l’on sache que je suis juif ! ». Adulte, il ne fréquenta jamais une synagogue et dans une lettre à son ami, l’ultra-nationaliste Wilhelm Schwaner, il défendra passionnément son appartenance au peuple allemand qui dépend, selon lui, beaucoup plus de facteurs culturels que raciaux : « Tu dis occasion­nellement "mon peuple" et "ton peuple"... Mon peuple ce ne sont que les Allemands... Les Juifs sont pour moi une race allemande, comme les Saxons, les Bavarois ou les Wendes... A mon avis, ce qui est décisif pour déterminer l’appartenance à un peuple et à une nation ce n’est rien d’autre que le cœur, l’esprit, la manière de penser et l’âme... ».

 

Entre cette lettre de 1916 et son pamphlet « Écoute Israël ! » publié dans le Zukunft en 1897, il s’est écoulé presque deux décennies. Toute cette période comprise entre ces deux dates lui servira à approfondir une donnée fondamentale pour lui : celle de la prééminence des facteurs culturels et spirituels sur toutes autres données politiques, économiques et sociales. Lorsqu’il écrivit cet article, il voulait dénoncer sans ménage­ment les Juifs qui ne faisaient aucun effort pour s’intégrer. Son agressivité visait en premier lieu les dévots juifs qu’il tenait pour les principaux responsables de l’antisémitisme.

Par David Vandermeulen
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Lundi 5 novembre 2007

Ici, une photographie réalisée en 1921 à Göttingen pour le départ de James Franck, assis au centre du divan. La façon dont Fritz Haber regarde Einstein me plaît tout particulièrement. James Franck, juif comme Einstein et Haber, recevra le prix Nobel de physique quatre ans après la date de ce cliché. Dès 1914, Franck fut l’un des membres prestigieux du « laboratoire Haber », la cellule spéciale qui avait pour mission de produire un gaz de combat pour l’armée allemande.

Plus tard, Franck participa au projet Manhattan, la cellule spéciale qui avait pour mission de produire une super-bombe pour l’armée américaine.
le-divan.jpg

Assis, de gauche à droite : Herta Sponer, Albert Einstein, Ingrid Franck, James Franck, Lise Meitner, Fritz Haber Otto Hahn. Derrière, debout : Walter Grotrian, Wilhelm Westphal, Otto Baeyer, Peter Pringsheim, Gustav Hertz.


Par David Vandermeulen
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Samedi 3 novembre 2007

valery.jpg "Sur la toile tendue, sur le plan toujours pur où la vie ni le sang même ne laissent point de traces, les événements les plus complexes se reproduisent autant de fois que l’on veut. Les actions sont hâtées, ou sont ralenties. L’ordre des faits peut être renversé. Les morts revivent et rient. Chacun voit de ses yeux que tout ce qui est, est superficiel. Tout ce qui fut lumière est extrait du temps ordinaire. Cela devient et redevient au milieu des ténèbres. On voit la précision du réel revêtir tous les attributs du rêve. C’est un rêve artificiel. C’est aussi une mémoire extérieure, et douée d’une perfection mécanique. Enfin, par le moyen des arrêts et des grossissements, l’attention elle-même est figurée.

 
Mon âme est divisée par ces prestiges.
 

Elle vit sur la toute-puissante et mouvementée ; elle participe aux passions des fantômes qui s’y produisent. Elle s’imprègne de leurs manières ; comment on sourit, comment on déclare son amour ; comment on franchit un mur ; comment on tue ; comment on réfléchit visiblement…

 

Mais l’autre effet de ces images est plus étrange. Cette facilité critique la vie. Que valent désormais ces actions et ces émotions dont je vois les échanges, et la monotone diversité ? Je n’ai plus envie de vivre, car ce n’est plus que ressembler. Je sais l’avenir par cœur".

J’aime particulièrement ce petit texte peu connu de Paul Valéry, publié dans le premier numéro de la revue Cinéma, en 1944.
Par David Vandermeulen
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Mercredi 17 octobre 2007
BerlinPalaisRoyal.jpg On pourrait ne pas s’en rendre compte, mais représenter l’Allemagne du début du XXe siècle n’est pas une chose aisée. Le pays a été copieusement bombardé lors de la seconde guerre mondiale, et de nombreux édifices, tel que le Kaiser Palace de Berlin, par exemple, n’existent plus, sauf sous la forme de vieilles photographies ou cartes postales. Ici, une case de la page 40 des Héros et une carte postale d’époque. On remarquera que sur la carte postale les drapeaux pourpres sont hissés, ce qui indique la présence de l’Empereur… :-)
FH2-040c1.jpg
Par David Vandermeulen
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Mardi 16 octobre 2007

FH1-033c5.jpg Quelqu’un m’a demandé pourquoi, dans l’Esprit du Temps, lors de la première scène entre Clara et Fritz, j’ai préféré dessiner une statuette en lieu et place d’un réel baiser. Pour tous les curieux qui m’imagineraient puritain, je m’expliquerai sur ce choix de mise en scène dans quelques tomes. Ce que je peux cependant déjà dévoiler, c’est que cette statuette n’est pas un choix venu du hasard, puisqu’elle représente Mars, dieu de la guerre, embrassant Vénus, déesse de l’amour et de la fertilité… Mars-Venus.jpg


 
Mars-Venus2.jpg Ici quelques Mars & Vénus qui n’ont pas été retenus.
(dans la vie, il faut savoir faire des choix…)


Par David Vandermeulen
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